Dans le secret des livres

Like A Rolling Stone

'Like a Rolling Stone' de Bob Dylan. Retraçant l'histoire de cet enregistrement, l'auteur remonte aux origines de la pensée contestataire aux Etats-Unis. De 1965 à 2005 ; une fois de plus, le vieil adage 'tout change, rien ne change' refait surface. Incontrôlable, libératrice, imprévue, l'émotion suscitée par le livre nous entraîne sur les chemins de traverse de la musique populaire américaine : de Muddy Waters aux Rolling Stones, de Leadbelly à Jimi Hendrix, des chants d'esclaves aux émeutes de Watts, on assiste aux convulsions d'une Amérique à chaque fois au bord de l'implosion. Greil Marcus recrée, comme si nous y étions, l'ambiance musicale des années 1960. Il montre comment Dylan a transformé l'énergie, la colère et l'angoisse d'une époque en une révolution de six minutes : 'Like a Rolling Stone'.




 

Léo Ferré "Inedits"

Léo Ferré est toujours présent parmi nous. Amoureux des mots, il s’en servait comme outils de provocation et de révolte, mais aussi pour exprimer de nombreux messages d’amour... Sortis des tiroirs de Léo, ces textes inédits sont une véritable découverte pour les admirateurs du chanteur. Illustrés par les superbes photographies d’Alain Marouani, cet ouvrage nous replonge dans l’univers de l’un des plus grands poètes du siècle.




 

Bob Dylan. Epitaphes 11

Dresser le portrait de Dylan, une star qui cultiva le secret jusqu'à la mystification, était une gageure. Stéphane Koechlin a relevé le défi. Avec brio

Printemps 1964. Un jeune homme efflanqué et mal rasé remonte le Boul'Mich. Il est descendu à l'hôtel Cujas, non loin du petit appartement de son seul ami français, Hugues Aufray. Ensemble, ils traînent, la nuit, dans les bars. Le nom de Bob Dylan ne dit rien à personne. Aufray rêve de le faire connaître au public yé-yé de Salut les copains. Daniel Filipacchi écoute Freewheelin' et... grimace. «Jamais je ne passerai ça, mon pauvre Hugues. C'est horrible.» Bob, lui, s'en contrefiche: il rêve de rencontrer cette jeune chanteuse aux cheveux lisses qui fait la couverture des magazines, Françoise Hardy. Il lui compose même un poème gracieux, en français dans le texte, qu'on lira avec émotion dans Bob Dylan. Epitaphes 11, de Stéphane Koechlin.

Ce livre magnifique est bourré de morceaux de vie, souvent cocasses, et de détails inédits, que l'auteur est allé dénicher on ne sait où. Reclus, paranoïaque, Dylan s'est rarement confié. Les ragots et la légende ont rempli les trous béants laissés par son culte du mystère et de la mystification. Robert Zimmerman s'évertuera toute sa vie à maquiller ses origines, passant sous silence une enfance heureuse qui ne collait pas à l'image de rebelle dont il voulait s'auréoler. Sans cesse il s'inventera des doubles. Après Guthrie, ce sera Buddy Holly, Rimbaud, Dylan Thomas (dont il empruntera le prénom) ou Kerouac.

Les onze épitaphes auxquelles fait référence le titre du livre courent sur le dos de la couverture de l'album The Times They Are A-Changin'. Koechlin s'est appliqué à décrypter ces textes inspirés, souvent macabres et délirants, pour tenter de dissiper la fumée, comprendre l'incompréhensible et brosser le portrait chinois de Dylan. Le résultat est prodigieux.

Un mythe. Qu'on ne s'attende pourtant pas à une hagiographie. S'il aime son sujet, Stéphane Koechlin sait aussi épingler la star pleine de morgue: l'inconstant qui plaque ses girlfriends aussi vite qu'il les a séduites; l'homme inconséquent qui chante les hors-la-loi (John Wesley Harding) mais se vautre dans le luxe, méprise le mouvement hippie et les grandes manifs antiguerre autant que les grand-messes de Monterey ou de Woodstock; l'allumé mystique, enfin, lecteur obsessionnel de la Bible puis intégriste de la kabbale.

Passé ce sévère réquisitoire, reste le poète, l'un des plus sublimes. Ecrit sous la forme d'une fiction, cet essai tente de cerner l'invention d'un mythe. Avec, au passage, quelques fabuleux arrêts sur image dans l'Amérique des débuts du rock et de beaux croquis sur l'adolescence du chanteur, ses premiers pas, ses échecs cuisants ou sa passion pour Suzy, «Sue», sa grande amoureuse, qu'il laissera choir comme les autres.

L'hommage que Stéphane Koechlin, journaliste musical, rend aujourd'hui à Mister Tambourine Man est d'abord dédié à son père Philippe, créateur de Rock & Folk, mort en 1996, trente ans après avoir fait sa première couverture. Sur Dylan...




 

Le Miroir du Merveilleux

Mabille opère un retour à un merveilleux d’allure plus « panthéïste » et intemporelle, un merveilleux « immanent » que la magie, par excellence, donne à voir. L’influence de l’ethnologie et de l’anthropologie est passée par là. Ici, l’ouvrage de Pierre Mabille représente bien l’évolution générale du surréalisme , est de plus en plus conscient de l’apport ethnologique et de plus en plus intéressé par l’art « primitif » et magique

"Le merveilleux,nul n'est mieux parvenu à le définir par opposition au "fantastique" .Le fantastique est presque toujours de l'ordre de la fiction sans conséquence alors que le merveilleux luit à l'extrême pointe du mouvement vital et engage l'affectivité toute entière. Quand au miroir,il nous prévient que, s'il est possible d'y comparer notre esprit,il faut admettre que le teint en est constitué par le rouge coulée du désir" ANDRE BRETON




 

ANNA BARKOVA La voix surgie des glaces

Etonnante Anna Barkova (1901-1976) : jeune poète d'Ivanovo, dans l'élan révolutionnaire, elle se fait remarquer des plus grands (Brioussov, Blok, Lounatcharski). Invitée à vivre au Kremlin, elle dénonce la servilité des uns et l'autoritarisme des autres. Et dès 1924, commence pour elle une longue vie d'errance avec, pendant près de trente ans, de 1935 à 1965, l'horreur du goulag et l'exil ; elle survit aux pires épreuves grâce à sa rumination des textes littéraires et à l'écriture. Sa pensée est acérée comme une lame, ses poèmes chantent la liberté, la rage de vivre mais aussi le merveilleux amour rencontré dans les baraques infâmes du Grand Nord. Sa dernière arrestation (1958) a lieu en plein " dégel " alors qu'elle n'a pratiquement rien publié depuis 1923. Malade, elle termine sa vie à Moscou dans le dénuement, sans cesser d'écrire.




 

L'ultime Chef-d'oeuvre de Léonard Restauré